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Toyota 4Runner 2020 : comme un bon vin

Toyota 4Runner 2020


  • Le Toyota 4Runner 2020 se détaille à partir de 48 120 $ avant les frais de transport et de préparation.

  • Capacités hors route indéniables, habitacle spacieux, solide comme le roc.

  • Consommation indécente, design intérieur discutable, insonorisation de la cabine perfectible.


On pourrait facilement dire que le Toyota 4Runner 2020 est un anachronisme. Ce VUS semble figé dans le temps, alors que la génération actuelle a été introduite sur notre marché en 2009, en tant que modèle 2010.

Onze ans sans changements majeurs, c’est long dans l’industrie automobile. Et pourtant, le 4Runner semble tirer son épingle du jeu, avec des ventes en hausse constante année après année – en excluant 2020 pour les raisons que l’on connait. Malgré son architecture de camion, sa motorisation assoiffée et son design, disons, échevelé, sa popularité peut s’expliquer par l’engouement grandissant des consommateurs envers les véhicules à caractère robuste, prêts pour l’aventure.

Le Toyota 4Runner 2020 n’est pas jeune, mais semble servir d’inspiration au design des nouveaux utilitaires de la marque. On n’a qu’à regarder le Toyota RAV4, qui propose désormais des variantes Trail et TRD Hors Route ressemblant franchement au 4Runner. Et aussi au Toyota FJ Cruiser, un autre modèle hors route qui a quitté notre marché après le millésime 2014.

Le 4Runner concurrence directement le Jeep Wrangler, et bientôt, le Ford Bronco qui sera en vente l’an prochain. Le VUS de Toyota repose sur un châssis en échelle, contrairement aux plateformes plus modernes utilisées pour la plupart des autres utilitaires sur le marché. On obtient donc un camion robuste, solide et tout indiqué pour les escapades hors route.

Si la base du Toyota 4Runner 2020 est vieillotte, on peut en dire autant de sa motorisation. Son V6 de 4,0 litres produit 270 chevaux et un couple de 278 livres-pied, mais consomme de l’essence à un rythme débridé. Sa boîte automatique n’aide pas vraiment, puisqu’elle ne compte que cinq rapports, alors que la majorité des autres VUS sur le marché proposent des boîtes à huit, neuf et dix rapports.

La consommation est estimée à 14,8 L/100 km en ville et 12,5 sur l’autoroute, alors que sa cote mixte de 13,8 L/100 km est l’une des pires de sa catégorie. Il faut dire que le 4Runner est aussi aérodynamique qu’un mur de briques, ce qui n’aide pas sa cause. Lors de notre essai à la fin de l’hiver, nous n’avons pu faire mieux que 14,0 L/100 km. On s’y attendait.

Sur la route, le Toyota 4Runner 2020 est plus confortable que le Wrangler, même si la dernière génération du Jeep a fait du progrès au chapitre de la qualité de roulement. Ce n’est pas le plus silencieux des VUS, en partie à cause des pneus hors route, mais c’est plus que tolérable.

Son gabarit et sa forme carrée lui confèrent un habitacle drôlement spacieux, avec amplement de dégagement pour trois personnes à l’arrière, même en largeur. Une troisième rangée de sièges est disponible en option, ajoutant deux places somme toute logeables pour des adultes sur de courtes distances. L’espace de chargement derrière la deuxième rangée atteint les 1 337 litres, et en rabattant ces dossiers, on profite d’un volume de 2 540 litres. À cet égard, la polyvalence du Toyota surpasse celle du Jeep. Certains VUS intermédiaires peuvent faire mieux, comme les Honda Passport et Honda Pilot ainsi que le Chevrolet Traverse, mais qui n’ont rien des capacités hors route du 4Runner. Ou de son style baroudeur qui est la tendance du moment.

En parlant de design, l’habitacle et surtout la planche de bord manquent de cohérence, avec un mélange désordonné de formes, de surfaces et de textures. On aimerait aussi un peu plus d’espaces de rangement sur la console centrale. Au moins, l’ergonomie des commandes a été bien pensée.

Toutes les déclinaisons du Toyota 4Runner 2020 comprennent un système multimédia avec un écran tactile de huit pouces et huit haut-parleurs, une intégration Apple CarPlay et Android Auto ainsi que la compatibilité de radio satellite et quatre ports USB. L’interface du système n’est pas le simple à utiliser en conduisant, mais il n’est pas le plus compliqué non plus.

L’équipement de série inclut également un toit ouvrant, une clé intelligente, des sièges avant chauffants ainsi que la suite Toyota Safety Sense P regroupant le freinage autonome d’urgence, les feux de route automatiques, le régulateur de vitesse adaptatif et la prévention de sortie de voie.

La version Limited joue la carte du luxe avec une sellerie en cuir, des sièges avant ventilés, des garnitures en similibois et des jantes de 20 pouces. Elle est aussi équipée d’un système à quatre roues motrices à prise constante.

Les autres, comme le TRD Off Road essayé et le TRD Pro, profitent de caractéristiques additionnelles pour se démener hors des sentiers battus. La suspension cinétique dynamique diminue le roulis de caisse sur l’autoroute tout en permettant une meilleure articulation des roues en hors route. Le sélecteur multiterrain contrôle le patinage des roues avec quatre modes distincts. Évidemment, la commande de marche lente aide à franchir des obstacles ou des sentiers périlleux en toute douceur. La version TRD Pro ajoute des plaques de protection, des amortisseurs TRD FOX et des pneus Nitto Terra Grappler.

On passerait volontiers notre tour sur les marchepieds tubulaires Predator équipant en option notre Toyota 4Runner 2020 à l’essai, puisqu’ils s’accrocheront sur les obstacles et ne sont pas très pratiques pour monter à bord non plus.

Se détaillant à partir de 48 120 $ avant les frais de transport et de préparation, le 4Runner coûte plus cher que le Jeep Wrangler Unlimited, mais à équipement égal, la version TRD Pro se situe qu’à quelques centaines de dollars du Wrangler Rubicon.

Le Toyota 4Runner 2020 n’est pas un VUS moderne, et les écologistes froncent probablement des sourcils en constatant à quel point le constructeur ne s’efforce pas trop de rendre ce véhicule moins énergivore – comme l’a fait FCA avec le Wrangler. Toutefois, sa réputation de durabilité n’est plus à faire, et sa valeur de revente est étonnamment élevée. Le 4Runner n’a jamais été aussi à la mode, et a somme toute bien vieilli. Comme un bon vin.

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