RAM 2500 Power Wagon : le Goliath de la route

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Ram 2500 POwer Wagon 19

Je suis parfois un automobiliste arrogant. Pas arrogant lorsque le rencontre des gens ou que je discute tout simplement, mais arrogant quand je suis au volant. Le pire, c’est que la plupart du temps (pour ne pas dire la totalité), je ne le fais pas exprès; c’est le véhicule que je conduis qui me donne cette allure. Imaginez alors mon arrogance et mon petit look macho quand j’ai sauté (grimpé serait plus juste) à bord de la camionnette RAM 2500 Power Wagon.

Ram 2500 POwer Wagon 19[review]

Parce que, qu’on le veuille ou non, cette camionnette a tout ce qu’il faut pour devenir le Hulk de la route, le Goliath des temps modernes, sans pour autant avoir de faiblesse à la cheville. Le RAM Power Wagon est un Tonka comme en rêve tous les petits garçons, et probablement autant de petites filles : grand, gros et fort.

Grand, ça ne fait aucun doute. Le RAM 2500 a déjà des dimensions imposantes, ajoutez-lui des amortisseurs monotubes à gaz Bilstein surélevés, des roues imposantes de 33 pouces avec pneus tout-terrain, et vous voilà fixés. Le petit conducteur de 1,70 mètre que je suis se devait de s’élancer littéralement à bord de la cabine de la camionnette pour y prendre place.

En l’absence de marchepieds (une nuisance lorsqu’on se déplace hors-route), la descente était encore plus gracieuse. Je me laissais littéralement glisser le long du siège, espérant retomber suffisamment à plat pour ne pas perdre l’équilibre. Je blague, mais à peine. Ma sœur, de quelques centimètres plus petite que moi, a même amené avec elle sa petite échelle pour s’assurer de se hisser à bord sans trop d’effort. Il faut dire que debout, elle se glissait littéralement sous le rétroviseur latéral sans se pencher!

Une mécanique monstrueuse

Sous le capot de ce mastodonte se cache un moteur presque aussi imposant que la camionnette elle-même : un V8 6,4 litres développant la bagatelle de 410 chevaux et 429 livres-pied de couple, le tout jumelé à une boite automatique six rapports. Ainsi équipé, non seulement le Power Wagon est capable de s’imposer en accélération (il ne battra pas de record de vitesse mais ne traine pas non plus sur la route), mais il jouit surtout d’une capacité de travail remarquable.

Ram 2500 POwer Wagon 13Il peut, par exemple, remorquer quelque 12 000 livres, transporter jusqu’à 3100 livres de matériaux, et est capable de se tirer d’affaires toute seule, peu importe les conditions, en utilisant le treuil WARN placé à l’avant et qui, je l’admets, s’est avéré utile pour finir de traverser une flaque de boue un peu plus imposante que je ne l’aurais cru.

La véritable trouvaille de ce Power Wagon cependant, c’est sa capacité à rouler n’importe où, ou presque. Pour ce faire, il compte sur un système à 4 roues motrices qui emploie un boîtier de transfert manuel à prise temporaire avec passage à la volée. Concrètement, cela permet de maitriser en tout temps l’adhérence aux quatre roues. Son rapport inférieur de 2,64:1 prouve cette intention.

Soulignons également les différentiels avant et arrière à verrouillage électronique et la barre antiroulis avant à déconnexion électronique qui viennent compléter un système remarquablement efficace.

Habitacle soigné

Outre ses capacités exceptionnelles, le RAM Power Wagon profite, ô surprise, d’un habitacle bien conçu et, comme il se doit, totalement gigantesque. Trois passagers peuvent prendre place à l’avant, et tout autant à l’arrière sur notre modèle d’essai.

Ram 2500 POwer Wagon 16La finition, de matériaux solides, ne compromet cependant jamais le confort, et les accessoires, nombreux, garantissent aussi une vie à bord plus qu’agréable. Du nombre, sièges chauffants, pédalier ajustable, et système multimédia Uconnect avec un grand écran d’affichage.

En revanche, le confort et la puissance ne font rien pour la consommation de carburant qui s’avère raisonnable pour un camion de cette dimension, à la condition que le conducteur le soit aussi. Appuyez trop fermement sur la pédale, et vous verrez votre moyenne progresser à la vitesse du son.

Conclusion

Mais voilà, je ne vous ai toujours pas dit pourquoi j’étais arrogant au volant. Avec le Power Wagon, j’ai emprunté quelques sentiers boueux, traversé des champs et des rivières, et franchi presque tous les obstacles. Une fois revenu sur la route cependant, j’avais encore en mémoire cette quasi sensation d’invincibilité, et j’ai eu une propension à pousser un peu la machine, au grand déplaisir des automobilistes qui ne voyaient dans leur rétroviseur que ma gigantesque calandre s’avancer un peu trop rapidement à leur goût.

J’ai cependant aussi appris l’humilité. Alors que je devais me battre pour trouver ma place dans le trafic de l’heure de pointe de la ville, j’ai vu une petite sous-compacte me dépasser, son conducteur me regardant avec un grand sourire moqueur. Sans hésitation, il a trouvé sa route dans l’embouteillage… et je l’ai rapidement perdu de vue alors que mon mastodonte me forçait à rester derrière.

Il faut parfois s’avouer vaincu, même quand on pèse 2500 kilos.

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