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Nissan Titan 2020 : une retraite prématurée

Nissan Titan 2020


  • Le Nissan Titan 2020 se détaille à partir de 50 498 $ avant les frais de transport et de préparation.

  • Habitacle confortable et spacieux, moteur V8 énergique, style robuste.

  • Consommation ordinaire, capacités maximales perfectibles, nombre très limité de configurations.


Au quatrième quart de 2020 au Canada, pour chaque copie du Nissan Titan 2020 vendu, il s’est écoulé 222 exemplaires du Ford F-150, 191 unités de la camionnette Ram et 251 copies des camions GM, divisées entres les Chevrolet Silverado et GMC Sierra. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, mais il ne faut pas s’y fier uniquement pour évaluer le Titan.

Lorsque Nissan a décidé de s’attaquer au château fort des constructeurs américains en dévoilant un concept de camionnette pleine grandeur au Salon de l’auto de Detroit en 2001, il caressait sûrement de grandes ambitions. En lançant le Nissan Titan pour le millésime 2004, la marque japonaise était convaincue de pouvoir s’établir dans un segment bien gardé.

Au mois d’août 2020, Nissan Canada a confirmé que sa camionnette quitterait le marché canadien après l’année-modèle 2021. Et au moment d’écrire ces lignes, on n’a toujours droit qu’au Nissan Titan 2020 chez les concessionnaires. On croit toujours à son produit aux États-Unis où il poursuivra sa carrière pour l’instant, même si les ventes demeurent timides. Le Titan est-il un mauvais produit? Pas du tout, mais son créateur n’a pas réussi à lui donner tous les outils et les connaissances pour être efficace lors de sa journée de travail.

Côté esthétique, les goûts ne se discutent pas, mais la deuxième génération du Titan affiche un style robuste et imposant, comme il se doit dans la catégorie des camionnettes pleine grandeur. Avec son immense grille de calandre, ses contours d’ailes gonflées et son allure carrée, ce pickup n’est pas en reste côté design vis-à-vis la concurrence.

Et comme ses rivaux, on propose une variante plus aventurière, la PRO-4X et une version plus cossue, la Platine, afin de plaire à une clientèle plus diversifiée. Avec les déclinaisons S et SV, on compte quatre finitions du Titan, mais la concurrence en propose toutes davantage. On aime tous avoir plus de choix, pas vrai?

Au Canada, le Titan n’est offert qu’avec une cabine multiplace, une seule longueur de caisse et avec un rouage à quatre roues motrices, ce qui limite également son attrait. Même si, au final, la majorité des acheteurs optent pour cette configuration de toute façon. Sa capacité de remorquage maximale s’élève à 4 178 kilogrammes ou 9 210 livres, et sa capacité de charge atteint les 748 kg ou 1 650 livres, bien en deçà de celles de ses rivaux qui livrent une bataille sans merci pour se targuer d’être le meilleur.

Le Nissan Titan 2020 est également disponible en configuration XD, c’est-à-dire une version plus lourde et imposante pour les tâches plus ardues. Par contre, on est loin des prouesses ouvrières des Ford Série F Super Duty, Ram HD ainsi que Silverado HD et Sierra HD. Le Titan XD affiche une capacité de remorquage maximale de 5 008 kilogrammes ou 11 040 livres, alors que les camionnettes HD des marques américaines peuvent tirer plus de 30 000 livres. Malgré ses bonnes intentions, et bien que Nissan n’ait jamais annoncé le Titan comme étant un rival direct aux camions HD, la version XD n’est pas de taille.

Une seule motorisation équipe le Titan, soit un mélodieux V8 de 5,6 litres fort de 400 chevaux et d’un couple de 413 livres-pied, géré par une boîte automatique à neuf rapports. Pas de V6, pas de turbos, pas de diesel – le moteur turbodiesel Cummins de 5,0 litres autrefois optionnel dans le Titan XD n’est plus offert – et pas de système hybride en vue. Encore une fois, le choix est très limité.

Les cotes ville/route/mixte du V8 s’élèvent à 15,1 / 11,1 / 13,3 L/100 km, dans la moyenne du segment en ce qui concerne ce type de motorisation, et loin devant la consommation du Toyota Tundra, l’autre grande camionnette Japonaise. Notre essai s’est conclu avec une moyenne de 14,9 L/100 km, lors d’une conduite principalement urbaine. Dommage que l’essence super soit recommandée, ce qui fait augmenter la facture.

Spacieux et confortable, l’habitacle du Nissan Titan 2020 arbore un mélange de modernité et de sobriété, alors que la finition et la qualité d’assemblage ne sont pas mauvaises du tout. La version PRO-4X avec ensemble Luxe essayée est munie d’une sellerie en cuir perforé avec surpiqûres rouges et des garnitures noires, alors que la Platine présente des accents chromés et des boiseries à pores ouvertes.

De série, le Titan propose un système multimédia avec un écran tactile de huit pouces, une intégration Apple CarPlay et Android Auto et une compatibilité SiriusXM, alors qu’un affichage de neuf pouces et un système de navigation sont livrables. Les PRO-4X Luxe et Platine sont également équipés d’une excellente chaîne audio Fender à 13 haut-parleurs, sans compter un toit à deux panneaux vitrés, des sièges avant chauffants et ventilés, des sièges arrière chauffants, un volant chauffant, une colonne de direction à assistance électrique et un climatiseur automatique bizone.

De plus, chaque déclinaison du Titan comprend une foule de caractéristiques de sécurité avancées, dont la surveillance des angles morts, l’alerte de trafic transversal arrière, le freinage autonome d’urgence avec détection de piétons, l’avertissement de sortie de voie avec direction haptique ainsi qu’un freinage autonome en marche arrière.

Se détaillant à partir de 50 498 $ avant les frais de transport et de préparation, le Nissan Titan 2020 coûte plus cher que les configurations à cabine multiplace, 4×4 et à moteur V8 des F-150, Silverado 1500, Sierra 1500 et Tundra, et environ le même prix que le Ram 1500. Le PRO-4X Luxe essayé coûte plus de 70 000 $, et le Platine fait grimper la facture à plus de 75 000 $.

Finalement, comment le Nissan Titan 2020 se démarque-t-il de ses adversaires? Eh bien, par son exclusivité, et c’est à peu près tout. Alors qu’une variété innombrable de configurations et d’options sont disponibles chez Ford, GM et Ram, la gamme du Titan est assez mince. Il est puissant, mais pas le plus puissant de sa catégorie. Ses capacités maximales figurent parmi les plus faibles, même si la majorité des propriétaires de camionnettes les exploitent peu. Les concurrents proposent des systèmes avancés de caméras et de détection de remorquages, des suspensions pneumatiques, des hayons multifonctionnels avec des marchepieds escamotables ainsi que des systèmes multimédias à écrans tactiles de 12 pouces; rien de cela n’est disponible dans le Nissan.

Le vieillissant Tundra se retrouve dans la même situation que le Titan, mais il possède un atout majeur : une fiche de fiabilité presque sans tache, et une grande valeur de revente. Encore une fois, le Nissan ne parvient pas à surpasser les marques américaines en ce qui concerne la fiabilité.

Voilà où le Nissan a fini par échouer dans sa tentative audacieuse de se tailler une part de marché en Amérique. Le Titan, surtout dans cette deuxième génération, est un bon produit qui n’a pas réussi à redéfinir le segment en apportant des innovations techniques, des caractéristiques uniques ou un prix alléchant. Si la carrière du Titan s’achève au Canada, il est probable de pouvoir négocier un bon prix d’achat chez le concessionnaire en ce moment, sans toutefois pouvoir se vanter qu’on s’est procuré la meilleure camionnette sur le marché.

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